Démarche Cécile Devezeaux de Lavergne 32 pages pdf
Démarche artistique
Cécile Devezeaux de Lavergne
La taille directe de bois mène à l’Essence Vitale
« La matière bois est celle que j'ai choisie car elle est source de la terre d’où elle est née et a vécu. Vivante et sensuelle, elle interagit par la densité et ses fibres lors de sa mise à nu, au fur et à mesure de la taille. Mon travail d'abstraction à la recherche de l’Essence du Vivant chemine en moi en symbiose avec le dénuement du bois. Quand je taille, mon geste est toujours très à l’écoute du schéma de croissance de la matrice. Le cheminement spirituel mène à une sorte de transe, au geste automatique, intuitif et primaire, parfois animal. L’œuvre, résultat de ma relation avec la matière, révèle un sens à mes questionnements sur l’Essence du Vivant dans un langage sculptural qui dépasse l’esthétisme et le déjà vu. » CdL
Je suis une femme qui sculpte le bois en taille directe. La forme naît de la résistance du matériau et de ma manière de m’y accorder. En travaillant le bois brut, le sujet qui m’habite se révèle peu à peu. La lenteur du geste devient un espace de pensée. Chaque coupe est un choix irréversible. J’avance jusqu’aux limites techniques du bois, parfois jusqu’au point où il cède. Ce moment décisif réoriente ma réflexion et ouvre un nouvel élan créatif. Mon œuvre est féminine dans sa façon d’avancer : attentive, tenace, sensible aux nuances. Je sculpte pour faire naitre en langage formel mon vécu issu d’un cheminement intérieur global mental, physique et spirituel.
Lors de la taille directe, les formes adviennent. Je ne cherche pas à imposer mais à révéler. Chaque sculpture est un acte singulier. Je refuse la répétition, la série, la reproduction. Ce qui m’importe, c’est l’événement du geste, la négociation avec la matière, l’instant où quelque chose advient. Leur valeur ne réside pas dans une symbolique préétablie, mais dans l’expérience qu’elles proposent : une rencontre entre une forme singulière et un regard disponible.
Je travaille la sculpture en taille directe du bois, dans un rapport de dialogue avec la matière. Chaque pièce naît d’une rencontre avec une essence, une densité, une direction interne ainsi qu’une odeur, une couleur, l’organisation des fibres intrinsèque au vécu de l’arbre. Pas de plan formel préétabli, simplement mettre en exergue la beauté de la matière. Le geste de taille, l’écoute de la matière et la négociation sont au cœur de mon processus. Je ne cherche pas à maîtriser : je cherche à rencontrer.
Mon travail s’inscrit dans un régime de singularité : chaque sculpture est l’aboutissement d’une situation unique, d’un moment précis, d’une relation singulière intime avec la matière. Rien n’est reproductible. Rien n’est transférable. La forme finale est l’empreinte d’un cheminement, d’une suite de décisions prises dans l’instant, en réponse à ce que le bois propose ou refuse.
La taille directe engage un régime d’authenticité : je ne cherche pas à imposer une forme, mais à révéler ce qui peut advenir. Le bois garde les traces du geste, les tensions internes, les accidents, les repentirs. Je travaille avec ce qui résiste, ce qui cède, ce qui se transforme. La sculpture est moins un objet qu’un événement. Chaque sculpture est un acte singulier, irrépétible. Je refuse la répétition, la série, la reproduction. Je ne m’impose pas l’idée d’un style stable. Ce qui m’importe, c’est l’événement du geste, la négociation avec la matière, l’instant où quelque chose advient et ne reviendra plus.
Mon atelier, situé en retrait, au calme, proche de la forêt, fait partie intégrante de mon dispositif artistique. C’est un espace où la singularité peut se déployer sans contrainte : un lieu où le bruit, la poussière, la lenteur et la physicalité du travail sont des conditions nécessaires, condition de possibilité de mon geste.
Lors de la taille directe, les sculptures adviennent, résultat d’un processus où se mêlent intuition, résistance, écoute et engagement physique, mental et spirituel. Leur valeur ne réside pas dans une symbolique préétablie, mais dans l’expérience qu’elles proposent : une rencontre entre une forme singulière et un regard disponible.
La taille directe de bois est un Art Majeur à la technique difficile. Cécile Devezeaux de Lavergne acquiert la considération des amateurs, des techniciens du bois et du grand public amoureux de la Nature. Elle donne plusieurs niveaux de lecture à ses œuvres en sublimant la beauté de la matière, tout en livrant un message pour les amateurs d’art et tous ceux qui voudront bien s’ouvrir à son travail à la fois ancestral et pleinement contemporain.